Ce samedi 25 mai, c’était la dernière séance pour les joueurs du Castres Olympique et du Rugby Club Toulonnais dans le cinéma de quartier castrais.

 Malgré le mauvais temps, les spectateurs étaient présents pour encourager nos Olympiens. Pas le temps de bailler, qu’Urdapilleta sanctionnait une faute au sol des toulonnais (2ème). Après une mêlée à 5 mètres, notre argentin allait dans l’en-but du RCT (19ème). Mais, les opprimés, les Rouges et Noirs, nous sortaient leur cinéma : une pénalité rapidement jouée et Ikpefan concluait en coin. Puis, Belleau montait une chandelle et Ikpefan détendait ses bras pour attraper le ballon, il redonnait au jeune premier Belleau, qui concluait 7 points (essai transformé). Aïe aïe les chocolats glacés, glacés, le CO était mené 8 à 12. Sur mon strapontin, je regardais le film de Montpellier/Clermont, qui me faisait trembler.

L’entracte terminé, le jeune premier réussissait sa séquence au pied : 1 pénalité. Urdapilleta passait trois points et nous redonnait le sourire et l’espoir. Mais le Gary Cooper Toulonnais, Ikpefan, dégainait pour la 2ème fois (le doublé). Après le coup de pied chirurgical de Crottin, il récupérait le ballon et aplatissait. Ensuite, Belleau inscrivait encore 5 points (58 et 65èmes). Malgré la belle dernière séance conclue par Jennecker, le rideau commençait à tomber. Le dernier coup de sifflet retentissait et la lumière s’éteignait déjà sur nos castrais avec une défaite 16 à 25. Il n’y a plus aucune chance, je connais le destin : Montpellier s’est imposé à Clermont. Bye bye rendez-vous manqué et bye bye les héros que j’ai aimé (Caballero, Urios et les autres partants LL).

 Castres a eu l’occupation (57 % contre 43%) sur cette partie sans pourtant dominer (47 % contre 53 %) et maîtriser le jeu.

Sous de mauvaises conditions climatiques, nous nous sommes entêtés à jouer (250 ballons joués contre 190), à faire de passes (136 contre 92) au lieu d’occuper le terrain notamment quant nous menions 8 à 0.

Nous avons tombé des balles (10 en-avants) et commis des fautes (ballons mis directement en touche et fautes au sol).

Cette année, nous avons passé beaucoup plus de temps dans la zone de marque que nos adversaires sans pour autant concrétiser nos temps forts. Aujourd’hui, c’était encore le cas : 21 % de possession dans les 22 mètres adverses contre 17 %.

Nous avons encore laissé des points au pied : seulement 50 % de réussite sur les transformations, pénalités, drops. Les Rouges et Noirs étaient à 57 %.

Et les charges puissantes d’Hounkpatin, les placages de Babillot ou les intervalles créés par Smith et David, n’auront pas permis d’éviter ce revers. Nous n’avons pas réussi à notre mettre collectivement dans le sens de la marche.

Et quand nos Olympiens n’arrivent pas à se mettre à l’abri, ils craquent nerveusement (les contestations auprès de l’arbitre, le carton jaune de Stroe, les placages illicites,  les 10 mètres pris après des remarques d’Urdapilleta à la 52ème et de Kockott à la 64ème). Nous savons que Monsieur Charabas a une réputation d’arbitre hautain, distant avec les joueurs et intransigeant. Pourtant, nous avons passé notre temps à rouméguer. Et peu à peu, nous sommes sortis de la partie. Notre indiscipline aura été notre cheval de Troie cette année.

Quand je regarde les statistiques, nous avons gagné les rucks (86 contre 78), les mauls (5 contre 2), les turnovers (12 contre 10), les placages offensifs (10 contre 5), les touches (13 sur nos 15 lancers). Nous leur avons capté 5 touches de leurs 14 lancers. Cependant, nous avons souffert en mêlée (5 gagnées sur nos 11 introductions).

Pourtant, Toulon aura eu des difficultés sur la touche et la mêlée (5 gagnées sur leurs 9 introductions). Cependant, Belleau voulait démontrer qu’il faudrait compter sur lui pour la Coupe du Monde. Il a parfaitement dynamisé le jeu et alterné le jeu au pied et à la main. Il s’est engouffré dans les intervalles. Avec son compère Ikpefan, ils auront été les artisans de la victoire du RCT. Tout simplement leur collectif avait plus de nhac (d’envie) et d’agressivité que nous. Ils ont réussi 97 % de placages défensifs contre CO 91 % et ont su être ultra réalistes sur leurs temps forts : 3 essais.

 Cette saison, nous n’avons pas fait de Boogie Woogie à la maison : 6 défaites dont 3 d’affilées (Toulouse, Montpellier et Toulon). Heureusement, qu’ailleurs derrière l’arc-en-ciel, le Ciel était bleu : 8 victoires, le record pour Castres. L’accident face à nos voisins Toulousains ne nous aura pas épargné. J’ai l’impression que nous y avons laissé notre énergie et notre physique. Et, depuis quelque chose a changé. Ensuite, nos 26 cartons jaunes, ça fait désordre !!! Un ratio d’un jaune par journée, c’est énorme. Et, nous récoltons ainsi le bonnet d’âne de l’indiscipline. Il faudra gommer cette mauvaise habitude la saison prochaine. Enfin, certains joueurs étaient fatigués car ils ont enchaîné les feuilles de match. Parfois, le sport est cruel. C’est ainsi, même les héros se foutent à l’eau (nous ne jouerons pas les phases finales!!). Cependant, je retiendrais que nous avons décroché les étoiles (le titre et les succès contre les Toulousains), déplacé les montagnes (phases finales 2018), vécu de drôles d’aventures et connu de supers hommes (le staff et les joueurs). Merci messieurs pour ces belles années ! Une page se tourne, j’ai déjà hâte d’y être.

 Ce que j'ai aimé Hounkpatin, David, Smith, Belleau, Ikpefan, notre touche, le tour d’honneur sous les applaudissements pour notre équipe malgré l’élimination, les adieux émouvants de notre emblématique Caballero.

 Les points négatifs sont notre indiscipline, notre défense et notre manque d’agressivité.

 Pour sa dernière à Armandie, Reggiardo a connu la foudre du Racing. Pour la 5ème année, Montpellier s’est imposé à Clermont. Lyon a assuré la 3ème place en gagnant d’un point à Grenoble. Paris s’est offert Pau à Jean Bouin. A domicile, La Rochelle a laminé Bordeaux. Enfin, Toulouse s’est baladé contre Perpignan. Félicitations aux 6 qualifiés (Toulouse, Clermont, Lyon, Racing, La Rochelle et Montpellier) et que le meilleur soit sacré le 15 juin !!!

 Et puis, les larmes ont coulé pour les adieux à notre 3ème ligne atypique Caballero, l’enfant du pays. Je vous salue bien bas Monsieur pour votre carrière : double Champion de France avec le CO, Champion de France de Pro D2 avec Montauban, une sélection avec le XV Tricolore. Vous étiez un des meilleurs spécialistes de la touche en France. Et oui, les jeunes auront besoin de tes conseils avisés pour grandir et progresser sur ce secteur (comme tu l’as fait déjà avec les Espoirs). Alors, Bonne retraite !!!!

Pour conclure, je tenais remercier tous les joueurs et le staff. Je souhaite bon vent à ceux qui vont convoler sous d’autres cieux.


Article Zaza



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